Réchauffement et urbanisation : une combinaison à risques
Si l’amélioration de la surveillance, de la prévision et de la gestion des phénomènes climatiques a largement contribué à la réduction de leur impact mortel depuis les années 1970, on constate sur la même période que le nombre et l’ampleur des désastres ne cessent d’augmenter. Ainsi, alors que les catastrophes naturelles n’avaient touché que 1 milliard de personnes de 1976 à 1985, elles en ont affecté plus de 2,5 milliards de 1996 à 2005. Sur cette seule période, on a recensé près de 6 000 désastres naturels et environ 738 milliards de dollars de dégâts. Comme elle est largement portée par la croissance urbaine et le réchauffement climatique, on prévoit que cette tendance à la hausse se poursuivra dans les prochaines décennies.
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Des catastrophes de moins en moins naturelles
Depuis le mois de décembre, l’État du Queensland, dans l’est de l’Australie, est sous les eaux. En proie à des pluies diluviennes et incessantes qui ont conduit à faire sortir les rivières de leur lit et à inonder une région grande comme la France et l’Allemagne réunies, l’Australie connaît l’une des catastrophes naturelles les plus graves de son histoire. Alors que l’on compte déjà près de 200 000 victimes (une dizaine de morts à ce jour), de nombreuses infrastructures ont également été endommagées. Le préjudice économique de cette catastrophe, encore difficile à évaluer, pourrait s’élever à plusieurs centaines de millions d’euros.
Toutes les études le confirment : l’urbanisation, la pauvreté et le réchauffement climatique amplifient les aléas naturels dont, plus que jamais, ils désignent les possibles victimes. Loin d’être le seul effet du sort ou du hasard, les catastrophes « naturelles » obéissent au contraire de mieux en mieux aux lois de la probabilité. Ainsi, qu’il s’agisse des inondations au Pakistan, du tremblement de terre en Haïti, du cyclone en Birmanie ou du tsunami en Indonésie, la gravité des désastres répercute moins l’ampleur des phénomènes naturels en cause que la pauvreté des zones où ils ont lieu.
Entre 1975 et 2008, on a recensé 23 catastrophes majeures, ayant entraîné plus de 10 000 décès chacune. Or si ces seules catastrophes ne comptent que pour 0,26 % de toutes celles recensées sur la période, on leur attribue 78,2 % de la mortalité. On note aussi que parmi ces catastrophes, seuls l’ouragan Katrina en Louisiane (2005, 1 800 morts) et la vague de chaleur sur l’Europe (2003, 70 000 morts) ne se sont pas déroulés dans un pays en développement. Car à un niveau de développement plus élevé correspondent généralement des normes d’aménagement et d’habitat plus ajustées aux risques naturels, des secours plus équipés et mieux organisés, une plus grande préparation de la population aux catastrophes, des systèmes d’assurances plus développés. Ainsi, bien que le Japon compte plus d’habitants exposés aux tempêtes tropicales que les Philippines, la mortalité y est 17 fois moins élevée à intensité de cyclone égale. De la même façon, un cyclone de catégorie 4 expose 3,2 % du PIB de Madagascar contre 0,16 % seulement du PIB du Japon.
Avec le réchauffement climatique, ces écarts pourraient encore se creuser dans les prochaines décennies. Tandis qu’on attend une augmentation de l’ampleur et de la fréquence de certains aléas comme la sécheresse ou les inondations, les pays en développement concentreront encore davantage de personnes vulnérables dont une très grande partie vit dans des zones exposées, comme les villes côtières et fluviales, mais aussi les deltas. Tous les facteurs sont donc réunis, qui permettent de prévoir une aggravation des risques et des catastrophes naturels dans les prochaines décennies. Il ne s’agit plus désormais d’un scénario, mais d’une question de temps et de réponses.
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2033 , Atlas des Futurs du Monde :
une claque ! lire cet ouvrage , acheté récement , m a rendu optimiste ! il existe une auteure, et ses sources, qui me rassurent sur la persistance d’une intelligence de l’humanité
c est super bien fait, les graphiques sont d une créativité et d’une puissance d’évocaton qui laisse pantois ! du coup, j ai dévalisé le rayon géopolitique d une célèbre enseigne parisienne , et j en ai pour qqs semaines à tout lire, sans forcément tout comprendre, mais qu il est doux de se donner l impression d etre moins bete après lu tout ca ! bravo et mille(s? ) mercis à Mme Virgine Raisson