Des émissions de moins en moins naturelles
Les émissions de gaz à effet de serre (GES) ont deux origines. La première est liée aux éruptions volcaniques, aux feux de forêt ou à la respiration animale et végétale. La seconde est d’origine humaine. En forte hausse depuis le début de l’ère industrielle, elle rassemble notamment les émissions liées au chauffage, aux moteurs à combustion, aux processus industriels ou à ceux de fermentation d’origine agricole. Réparties par secteur à la base de ce graphique, les sources de GES d’origine anthropique laissent voir que près des deux tiers des émissions de GES proviennent des secteurs du transport, de l’électricité, du chauffage et de l’industrie. Les autres émissions résultent de procédés industriels, du changement d’usage des sols, de l’agriculture ou encore des déchets. Sur la partie haute du graphique qui cette fois répartit les GES par catégorie, on peut constater que les trois quarts des émissions de gaz à effet de serre sont constitués par du dioxyde de carbone (CO 2 ). Issus pour une large part de l’agriculture et de l’élevage, les autres gaz sont principalement du méthane et du protoxyde d’azote.
Retrouvez la légende complète de ce graphique à la page 26 du widget de l’ Atlas.
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Le prix de l’inaction
Au cœur des préoccupations internationales depuis plusieurs années, la lutte contre le réchauffement climatique connaît des fortunes diverses. Appréciée à l’aune du sommet de Copenhague de décembre 2009 et des dernières élections américaines, la dernière conférence des Nations unies sur le climat réunie à Cancún s’annonçait déjà comme la nouvelle chronique d’un échec répété. Or contre toute attente et en dépit de discussions tendues, voilà qu’elle s’achève sous la forme d’un accord entre les 200 pays participants, portant notamment sur la mise en place de plusieurs mécanismes visant à ralentir le rythme et les effets du réchauffement.
Si l’on doit se réjouir de cet accord qui, pour la première fois, engage les pays émergents dans la lutte contre l’effet de serre, on peut toutefois aussi se demander si ces engagements suffiront à contenir le réchauffement à 2 °C (depuis le début de l’ère industrielle) afin d’éviter les crises et périls qu’il menace d’entraîner s’il dépassait ce seuil. Car rappelons que pour atteindre cet objectif, le volume mondial d’émissions de GES devrait être réduit de moitié d’ici à 2050 (par rapport à 1990), ce qui correspond, dans les pays industrialisés, à une diminution de 30 % d’ici à 2020 et de 80 % d’ici à 2050.
Autrement dit, en attendant qu’un nouvel accord donne la réponse à cette question en 2011, une certitude demeure : le prix de l’inaction se révélera beaucoup plus élevé que les fonds qu’il serait nécessaire d’engager, dès aujourd’hui, pour réduire les émissions de GES et s’adapter aux impacts du réchauffement climatique. Au regard de la vitesse constatée du changement climatique, l’urgence d’agir se révèle même de plus en plus grande.
Le coût d’un engagement incertain
Comme l’ont montré de nombreux rapports et études, les changements climatiques imposeront de prendre des dispositions d’autant plus radicales, contraignantes et coûteuses qu’elles tarderont à être engagées. Parmi ces rapports, celui de l’économiste anglais Nicholas Stern, publié en 2006, a eu un effet retentissant. Il concluait en effet que si rien n’était fait avant dix ans, la facture du réchauffement climatique pourrait atteindre 5 500 milliards d’euros. Selon les experts de l’ONU, la lutte contre le réchauffement climatique exigerait, au total, d’engager 240 milliards de dollars supplémentaires d’ici à 2030, soit l’équivalent de 0,4 % du PIB mondial. Dans le même temps, des experts de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estimaient qu’à partir de 2010, toute année de retard prise dans la mise en œuvre d’une politique énergétique ajustée aux nouvelles contraintes nécessiterait 500 milliards de dollars d’investissements supplémentaires.
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« La seule chose qui permet au mal de triompher est l’inaction des hommes de bien. » (Edmund Burke)
Il faut savoir s’indigner et y persister car il n’y a pas de fatalité indépassable. Juste de l’aveuglement ou bien les petites lâchetés de chaque jour.